Toujours une longueur d’avance : Anne Petit et l’art de concrétiser les médicaments
Anne Petit n’attend pas les instructions. Elle sait que, dans le développement pharmaceutique, son équipe doit souvent agir en premier. « Nous devons toujours anticiper les prochaines phases de développement d’un programme clinique », explique-t-elle. « Nous devons fabriquer le produit. Cela prend du temps. »
Anne dirige le développement des formulations et des procédés chez Ipsen, où elle accompagne les médicaments depuis les travaux non cliniques jusqu’aux essais cliniques et au transfert commercial. Son équipe définit comment le médicament sera fabriqué, comment il sera administré et comment il se comportera — bien avant que la plupart des collègues ne commencent leur phase de travail.
Anne vient d’une famille de scientifiques, il était donc naturel pour elle de poursuivre dans une certaine continuité familiale. Elle s’est formée comme chimiste et a envisagé la pharmacie, mais a trouvé sa voie pendant un doctorat consacré à la formulation de peptides. « C’était vraiment la première fois que je travaillais sur une formulation avec l’objectif d’aller jusqu’au patient », dit-elle. Ce travail comprenait la fabrication du produit fini, des tests in vitro et une évaluation in vivo chez la souris. Pour Anne, ce travail était « centré sur le patient », dit-elle. « C’est à ce moment-là que j’ai su que c’était ce que je voulais faire. »
Aujourd’hui, ce travail exige une combinaison de rapidité et de prévoyance. « Nous devons définir plusieurs choses, même quelque chose d’aussi simple que la couleur d’une gélule, bien avant le lancement commercial. » Cela permet de générer des données de stabilité pour les dossiers. De petits choix ont des conséquences réglementaires, et les délais ne peuvent pas être manqués.
Anne voit son groupe comme le lien entre la vision et la réalité. « Les gens ont une idée pour un nouveau médicament », dit-elle. « Nous sommes déjà là, en train de nous adapter à la demande. Mais nous avons besoin de temps. Et nous devons anticiper les décisions. »
Elle garde aussi son attention sur la clinique. « Nous sommes au centre de tout », dit-elle. « Nous devons nous assurer de fabriquer suffisamment de produit à temps, pour qu’il n’y ait aucun problème lorsque l’étude clinique démarre. »
Anne voit un potentiel dans l’IA et les outils in silico, mais reste pragmatique. « À la fin, il faudra toujours faire des expériences », dit-elle. « Parce que votre molécule sera unique. »